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Juin 2009

L’interdépendance des parties-prenantes est devenu avec le temps un élément essentiel de la gestion de risques, qu’il s’agisse de risques opérationnels ou de risques d’image et de réputation. La récente crise des producteurs laitiers en a offert une illustration forte, ajoutant à cela une composante de lutte syndicale difficilement maîtrisable.

La gestion des risques et des crises est nécessairement pluridisciplinaire.

Le point de départ de la crise est simple : la fin du système de fixation des prix du lait par l’interprofession, sur décision de la Direction de la consommation. S’en est suivi un effondrement des prix (de 305€ les 1000 litres à près de 200€) et une vague de protestations nationale. La crise a dégénéré et a touché l’ensemble de chaîne de production/distribution de produits laitiers. Les agriculteurs, évidemment, ont été les premiers touchés ainsi que les déclencheurs ; les grossistes se sont vu bloqués ; les transporteurs et toute la chaîne logistique ont connu un coup d’arrêt ; les distributeurs ont été stigmatisés et parfois pris d’assaut ; les pouvoirs publics ont été désignés comme responsables et ont connu de nombreuses manifestations ; les clients, enfin, ont parfois dû faire face à une pénurie de produits. Au final, une menace identifiée à un point précis de la chaîne (ici à son départ) a entrainé des perturbations plus ou moins fortes pour l’ensemble des parties prenantes.

Ainsi, un risque qui n’était identifié à l’origine que pour les seuls agriculteurs a eu des répercussions bien au-delà et a nécessité des réponses à tous les niveaux. Cette crise illustre l’interdépendance des parties prenantes dans la gestion des risques mais aussi l’interdisciplinarité indispensables à leur gestion et pour faire face à la crise qui s’en suit. La première discipline impactée est bien entendu la sûreté : la première urgence, pour les distributeurs et les administrations, est d’encadrer les manifestations pour éviter des dégâts collatéraux. La difficulté est d’ailleurs de taille : comment encadrer sans prendre parti dans une revendication syndicale ? A ces deux problématiques s’ajoutent évidemment la gestion et la communication de crise, ainsi que la formation des personnels pour faire face au stress parfois intense lors de ce type de manifestation.

La gestion moderne des risques en entreprise est nécessairement pluridisciplinaire. L’anticipation est également indispensable et passe par la mise en place d’un système d’intelligence économique et territoriale : la veille, à la fois concurrentielle, politique, syndicale, locale et internationale, et le management de l’information permettent de prendre en amont les mesures nécessaires pour affronter ce type de crise.