Si l’environnement est devenu un sujet de préoccupation majeur pour les Français, les entreprises doivent agir immédiatement : en effet, la première conséquence pour une entreprise pollueuse, ou pas assez vertueuse aux yeux de certains, demeure la charge médiatique qui peut à tout moment être portée contre elle et mener à une crise profonde. L’enjeu est tel qu’il a déjà été au cœur de déstabilisations dans le secteur énergétique, lors d’importants contrats africains notamment. Le risque image ne doit pas pour autant occulter les autres risques liés à la problématique.
Le « vert » et le « bio », le respect de l’environnement, la dépollution, tous ces thèmes sont devenus des arguments marketing prédominants, poussant de nombreux entrepreneurs à investir, entrainant une double contrainte de validation de partenaire : les nouveaux entrants (fabricants ou négociants en produit type HQE ou énergie renouvelable) ont-ils les finances nécessaires pour assurer le contrat visé et les qualités affichées de leurs produits sont-elles réelles ? Vérifier que le label « renouvelable » n’est pas une coquille vide est la seule manière d’éviter un retour de bâton de la part de parties prenantes du secteur (associations, ONG, médias).
La remise en cause de la sûreté de sites de production devient également un impératif avec la problématique environnementale. Depuis le milieu des années 1990, l’écoterrorisme est devenu une réalité telle que les services de sûreté américains (FBI) le reconnaissent officiellement en tant que tel, les anglais l’intégrant au terrorisme économique. Des organisations comme l’Animal Liberation Front ou l’Earth Liberation Front sont soupçonnées par le FBI d’avoir réalisé près de 600 « actes criminels » sur le territoire américain entre 1996 et 2002. Si toutes les industries ne sont évidemment pas concernées, un certain nombre d’entre elles (liées de près ou de loin à l’expérimentation animale par exemple) doivent prendre en compte cette menace.
Mais au-delà du fatalisme, la recherche globale d’un meilleur équilibre environnemental est une source importante d’opportunités. De nombreuses industries, au premier plan desquelles l’énergie, font face à des défis qui peuvent bouleverser les équilibres concurrentiels. La recherche & développement mise en place sur le sujet doit s’accompagner d’une veille technologique et concurrentielle importante : être le premier sur une technologie propre procure un avantage concurrentiel certain.
Décembre 2009



