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AF447 : retour sur la gestion de crise 2/3

L’échec de la communication aux familles ayant été très rapidement ressenti, il a été important pour la cellule de crise de faire face à l’agitation médiatique. L’émotion étant toujours porteuse d’images fortes et de titres de presses potentiellement négatifs, la priorité a été de techniciser le discours pour supplanter le discours purement émotionnel.

La stratégie du "tiers-actif" a été l’une des clés pour bien communiquer.

Ce défaut a été très rapidement gommé par une communication de crise (Externe et Interne) efficace que l’on appelle la « stratégie du tiers actif ». Elle a compensé l’erreur de gestion de la douleur et de communication vers les familles isolées. Le cadre international de ce dramatique accident a en effet donné l’opportunité d’introduire florès d’acteurs dans le paysage médiatique sursaturé par l’événement. Les gouvernements, les militaires, les pilotes experts et de nombreux acteurs ont été lancés dans l’arène publique pour nourrir le feu médiatique qui a un besoin considérable « d’aliments », c’est-à-dire de personnes nouvelles et diverses pour s’exprimer sur un sujet.

Cette action de mise en place d’une série de « tiers actifs » communiquant en lieu et place d’Air France et avec une crédibilité majorée par leur forme de neutralité, s’est probablement faite en large partie de façon autonome, sans l’action dynamique de la cellule de crise d’Air France. Un masque médiatique se concentrant plus sur les causes du crash mystérieux que sur les familles provinciales en deuil, s’est donc imposé dans les vitrines de presse, couvrant totalement leur douleur. Si donc cette stratégie du tiers actif n’a pas été initiée par la cellule de crise, celle-ci l’a encouragée et en a bénéficié.